Blog Philippe Ortolan

Le plan Refondation de la Finance

Le plan Refondation de la Finance

On ne peut pas laisser la Finance dans son état actuel, très peu pensent que le risque systémique a disparu malgré la régulation mise en oeuvre par les gendarmes de la bourse, il a certainement diminué mais pour combien de temps…

Les pratiques actuelles de la finance sont condamnables pas les banques elles-mêmes ! On a besoin des banques pour financer l'économie réelle, sinon toute l'économie s'écroule..

Ces dérives financières et le "Too big to fail" depuis 2008 ont pénalisé l'endettement de beaucoup d'Etats qui ont dû se porter à la rescousse des banques en difficulté, ce sont les contribuables qui finalement en paient le prix ! 

Ces pratiques contre-nature basées sur l'instantanéité des transactions et l'opacité des produits financiers vont à terme menacer l'avenir de la civilisation occidentale qui ne va plus miser sur des investissements à long terme dans l'économie réelle…

En plus , ces pratiques se basent sur la variabilité, les krachs boursiers profitent toujours à ceux qui ont pu les anticiper, ils peuvent se mettre des milliards en poche avec un peu de chance...

Mon constat :

Quid du risque systémique depuis 2009 ? Les avis sont partagés, pas sûr que la finance soit davantage raisonnable, le court terme restant toujours la priorité...

  • Malgré le renforcement des règles (augmentation des fonds propres des banques...), je ne pense pas que la mondialisation soit à l'abri d'une nouvelle crise planétaire.
  • Les bulles immobilières puis boursières de la Chine en 2014-2015 en témoignent, si le gouvernement chinois n'était pas intervenu pour injecter dernièrement des liquidités, la propagation du krack boursier chinois aurait eu des conséquences sérieuses sur les autres bourses.
  • Pas sûr que les Etats auront toujours la puissance financière pour couvrir les dérives du capitalisme financier car eux-mêmes sont contributaires de la finance...

Les bourses sont hyper-connectées, elles sur-réagissent à des évènements extérieurs : 

  • Elles sont à la merci d'indicateurs ou d'évènements étrangers sans aucun rapport avec leur propre stabilité
  • l'instantanéité prévaut toujours ! Elle ne gardent pas la tête froide...
  • Il suffit qu'elles n'aient pas anticipé un indicateur pour paniquer !

L'opacité perdure à cause des "dark pool" : ces places d'échanges utra-privées n'obéissent à aucune règlementation.

  • Complètement hors de contrôle !

Les produits financiers sont des usines à gaz: On ne sait plus de quoi ils sont réellement faits, l

  • Leur imbrication est tellement évoluée pour les rendre soi-disant infaillibles qu'ils peuvent de retrouver à la source de réaction en chaine non maitrisable. 
  • Les produits dérivés sont dérivés de dérivés, on est aller trop loin dans leur sophistication, ils en deviennent dangereux !

Les ventes à découvert permettent de se faire du fric en spéculant sur la mort,

  • Incroyable, mais on en vient à se faire du fric sur l'agonie des valeurs ! On spécule sur la mort !
  • C'est totalement contre-nature de vendre avant d'avoir acheter !

La technologie s'est emparée de la bourse et les plus gros acteurs font la pluie et le beau temps :

  • C'est le cas du trading hyper-fréquence, seuls les ordinateurs peuvent passer des ordres à la vitesse de la microseconde,
  • Leurs algorithmes évoluent réguliement vers toujours plus de sophistication, les ordinateurs en arriveraient à provoquer eux-même un krach boursier par une réaction en chaine...
  • Quid des petits porteurs face à la puissance de calcul des robots financiers ? Ils ne peuvent pas réagir aussi vite !

Le contenu :

La finance doit sortir du côté obscur de l'argent ! C'est à dire du fric trop facile...

Maitriser les outils de la finance :

  • Fini les ventes à découvert, le tradding à haute fréquence, les dark pools, la finance aura dorénavant un visage moins opaque et aussi moins dans l’instantanéité, la spéculation basculera plus dans la réflexion plutôt que dans la microseconde
  • L'homme doit reprendre la maitrise de la machine qui devient incontrôlable.
  • Améliorer la traçabilité des produits financiers en interdisant trop de sophistication... 

Séparer les banques de détail et d'affaire :

  • Renforcer la sécurité des avoirs des particuliers, c'est important que les banques de détail ne soient pas exposées à ces pratiques pour garantir leur stabilité.
  • Les banques d'affaires pourront spéculer sans impacter les avoirs des particuliers, leur faillite ne devra pas impacter l'économie réelle ou les finances publiques des Etats.

 Développer un système bancaire parallèle qui serait alimenté par les banques centrales en création de monnaie (ici la BCE) :

  • Ce système soutiendrait l'investissement durable dans l'économie réelle et soutiendrait les banques de détail.
  • Il soutiendrait les finances publiques des Etats en contrepartie d'une modernisation de leur secteur public.
  • Cela nécessite de persuader d'autres pays de la zone euro du bienfait d'un tel système !

Quelques observations :

  • Vouloir museler la finance est une nécessité pour le long terme, mais sa puissance actuelle est énorme et les représailles seront difficiles à assumer... L’Etat risque même de ne plus pouvoir placer sa dette, car les taux risquent d’augmenter très fortement et l’obliger à se tourner vers la BCE. Les marchés vont prendre peur et les agences de notation vont contre-attaquer en dégradant la note du pays...
  • Très lourd politiquement à assumer pour la France: le gouvernement risque fortement de dépendre de la BCE pour financer sa dette, mais d'un autre côté en laissant les choses telles qu'elles sont, le manque de croissance poussera à terme le pays dans les bras de la BCE...
  • Par contre si la France arrive à convaincre quelques pays de la zone euro de se lancer dans cette aventure, le résultat pourrait être sympa...


 v1.2 (21/09/14) , v1.3(16/09/15), v1.4(06/05/19)