Blog Philippe Ortolan

Le plan Productivité

Mon constat accablant : la Finance a volé une grande partie des gains de productivité

Un fléau de la mondialisation: les gains de productivité au service de la profitabilité nuisent gravement à l'innovation durable !

  • Que d'évolution depuis deux siècles grâce aux gains de productivité : la volonté d'automatiser pour produire plus a permis aux pays civilisés de sortir de l'agriculture et de la chasse, la création de grandes métropoles en témoigne, l'industrialisation nous a ouvert les voies du progrès technologique et du confort avec des millions de nouveaux emplois à la clé...
  • Encore faut-il que des nouveaux emplois innovants soient créés ! Ce n'est vraiment plus cas aujourd'hui, les capacités de production ne tournent pas à plein régime, d'où pas besoin de créer de nouveaux emplois.
  • Ne tombons pas dans le panneau du capitalisme financier qui nous pousse à la déflation sociale en produisant plus pour moins cher, c'est à dire avec des employés toujours moins cher et toujours moins nombreux...
  • Un cercle vicieux se construit quand l'innovation ne compense pas les emplois perdus : si la France fait des gains de productivité, les autres pays ne vondront pas se laisser distancer et en feront aussi, résultat la France devra continuer et les autres aussi...
    • A ce jeu là, nos emplois et nos salaires sont menacés  quand les gains de productivité sont exclusivement au service de la compétitivité.
    • Sans investissements suffisants et sans innovation, impossible de créer de nouveaux business, de nouvelles filières capables de créer des emplois pour compenser !
    • Produire plus avec moins est un concept séduisant dans la cadre de la profitabilité, mais si le cercle vertueux se brise , c'est à dire que si les emplois supprimés ne sont pas absorbés par les secteurs innovants , le chômage s'installe durablement.

Désormais les inégalités se creusent à cause de ces gains de productivité mal maitrisés :

  • Aujourd'hui l'innovation sert trop à réduire les côuts de revient, résultat les salaires stagnent pour ne pas compromettre la compétitivité des entreprises.
  • Les pays les plus compétitifs industriellement parlant n'ont pas le salaire moyen le plus élevé, même les USA voient le pouvoir d'achat des  ménages ne pas progresser suffisamment comme le voudrait la FED qui doit éternellement maintenir l'économie sous perfusion monétaire !
  • Faire des gains de productivité obligent souvent les entreprises à se regrouper pour améliorer leur compétitivité, cela se réalise au prix d'une casse sociale, c'est le prix à payer...
  • Les entreprises les plus compétitives génèrent donc les revenus les plus importants pour leurs dirigeants et dans une moindre mesure pour leurs employés de moins en moins nombreux, c'est logique financièrement parlant !
  • Résultat ces gains de productivité associés à la logique financière tirent vers le haut trop peu de personnes d'où l'accroissement des inégalités qui mettent en danger les démocratie à terme...
  • Malheureusement, la montée des extrèmes politiques de gauche ou de droite dans les pays européens traduisent la lassitude de la population...

Le stress engendré par les gains de productivité augmente les risques psycho-sociaux, affaiblit les salariés et augmente à terme des dépenses publiques de santé

  • Les outils qui permettent d'en faire plus avec moins sont plus consommateurs de stress car les salariés restent davantage "connectés"...
  • Ils se fatiguent davantage et cet état va augmenter les dépenses de santé donc les dépenses publiques ce qui va agraver les déficits publics

La zone euro ne compense pas suffisamment ces gains de productivité par l'investissement durable et par une stratégie industrielle et politique ambitieuse

  • La zone euro ne favorise pas assez les investissements et l'innovation pour compenser ces gains de productivité générateur de chômage.
  • Face aux géants comme la Chine ou les USA : la zone euro doit avancer unie et synchronisée dans ses efforts.
  • La Banque Européenne d'Investissement est largement sous-dimensionnée.

Le cercle vicieux : Arrêter la course à la productivité nuit gravement à la compétitivité des entreprises dans le contexte actuel

  • Les entreprises ne peuvent se le permettre sous peine d'être aborbées par les plus compétitives, ou d'être délocalisées.
  • C'est un cercle vicieux ! Si une entreprise essaie de sortir de ce contexte , les autres vont lui faire la peau...

 

 

Le plan Productivité

Cette réforme est une galère sur le plan économique, il s'agit de maitriser la productivité pour qu'elle ne nuise pas à l'innovation durable, à l'emploi, à la santé des salariés et enfin à la santé des entreprises...

il est vital que les gains de productivité soient absordés par l'innovation, sinon on casse l'emploi. Mais attention, tout le monde ne peut pas être ingénieur !

Il s'agit de convaincre les clients de se tourner vers les entreprises qui maitriseraient leurs gains de productivité par rapport à l'emploi, même si leurs produits sont un peu plus chers.

Seuls les clients peuvent avoir un véritable impact sur la stratégie des entreprises, je ne vois pas un gouvernement aller taxer les entreprises qui se montrent trop compétitives même si elles ne sont pas suffisamment innovantes !

1 - Plus de transparence pour les clients par la création d'un tableau de bord affiché par chaque entreprise :

Il faudrait mettre au clair ces infos, les clients , les fournisseurs et aussi les salariés doivent y avoir accès publiquement. On y retrouverait la transparence sur : le taux de rentabilité, le taux de gain de productivité , les grilles des salaires, la rémunération des actionnaires, les lieux de production et bien d'autres encore...

Avec un système de notation globale qui permettrait de se faire rapidement une idée avant d'acheter. Par exemple : un rapport chiffre d'affaire / employés par secteur d'activité, ce label servira surtout aux clients pour favoriser les entreprises à la pointe sur ce sujet.

2 - Création d'un organisme public/privé "les gains de productivité" chargé d'évaluer les rapports entre la productivité, l'emploi, la rentabilité et l'innovation

Un certain nombre d'indicateurs pourraient être créés ou modifiés pour mettre à jour le tableau de bord que les entreprises devront afficher. L'idée est de montrer les gains de productivité au grand jour avec les suppressions d'emploi à la clé.

3 - L'Etat peut aider à la promotion des entreprises qui s'engageraient à maitriser leurs gains de productivité par rapport à l'emploi

Leur assurer une meilleure visibilité en réservant de l'espace publicitaire sur les chaines publiques.

Informer les Français du changement nécessaire de leur mode consommation, pour le rendre plus responsable, c'est à dire se tourner vers ces entreprises, "le consommer moins pour consommer mieux". Cela revient à vendre le "capitalisme d'entrepreneur", une autre forme de capitalisme qui permettra de sortir de l'aspect financier...

4 - La zone euro pourrait financer la promotion des entreprises européennes qui se lancent sur cette voie

Les entreprises européennes affichant une transparence dans leur rapport entre les gains de productivité et l'emploi méritent d'être aidées dans leur promotion. Le plan "productivité" peut aussi être exporté en zone euro, rien ne s'y oppose...

 

Quelques observations :

De beaux atouts en perspective :

Le principal atout est un meilleur maintien de l'emploi grâce aux consommateurs qui vont les privilégier même si leurs produits ou services sont un peu plus chers. Plus d'emploi, c'est moins de chomage et c'est bon pour le pays.

La santé des salariés serait même mieux préservée avec des conditions de travail moins stressante, 

Les risques :

Si les consommateurs ne jouent pas le jeu en ne privilégiant pas ces entreprises, la tâche va être beaucoup plus compliquée !

Attention à ne pas trop compromettre la compétitivité : il ne faudrait pas être trop en dehors de ce qui est fait aujourd'hui naturellement par les entreprises, pas évident de trouver le bon compromis. Evidemment, les autres pays n'ont pas forcement intérêt à brider la performance de leurs champions nationaux, c'est déloyal pour les autres mais la réalité est ainsi faite...

Un frein possible aux exportations par la baisse des gains de productivité : on ne peut pas forcer les entreprises étrangères à ralentir leur gain de productivité ! Sauf si on arrive à faire évoluer l'attitude des consommateurs, on a déjà vu que les conditions de travail dans les pays à bas coût pouvaient influencer négativement la réputation des marques qui font appel à eux...

 v1.2 (21/09/14), v1.3 (30/09/14),v1.4(29/05/15), v1.5(16/09/15), v1.6(2/02/19), v1.7(06/05/19)