Blog Philippe Ortolan

Le plan Refondation du Travail

Le marché du travail ne peut gagner en souplesse si les salariés et les entreprises ne gagnent pas en agilité ! Le code du travail trop lourd et trop rigide n'est plus adapté à la compétitivité de notre économie

S'un autre côté , l'Asie nous concurrence directement car nos produits ne sont pas assez haut de gamme, il faudra donc baisser un peu le coût du travail tout en préservant le capital humain...

Véritablement une galère sur le plan politique !

Mon constat

Le marché du travail est aujourd'hui trop rigide,les employeurs ont peur de licencier donc peur d'embaucher ! il faut plus de dynamisme face aux conditions changeantes de l'économie où tout est internationalement lié, les évènements se propagent à une vitesse folle, les entreprises se doivent de pourvoir réagir promptement sous peine de se voir dépasser par une concurrence plus agile... 

L'emploi à vie, c'est terminé avec la mondialisation, la clé se trouve dans l'adaptabilité aux conditions changeantes du monde du travail provoquées par la mondialisation génératrice de concurrence souvent déloyale.

La baisse des charges sociales en faveur des bas salaires existe depuis longtemps ! L'Etat ne pourra plus à terme la financer sans croissance durable.

  • Depuis les années 1990 et cela pour relancer l'emploi peu qualifié, une armada de mesures (avec du bon sens) se sont empilées mais les 35 heures ont mécaniquement augmenter le coût du travail ! Difficle de réduire encore les charges sur les bas salaires !
  • L'Etat compense à chaque fois cette baisse des charges sociales ! Il ne pourra plus le faire à cause de son endettement croissant ! 
  • On parle de plus de 20 milliards € / an, cela ne diminue pas... Cet artifice ne pourra pas durer longtemps avec la charge financière de la dette qui peut exploser à tout moment à cause de sa qualité en baisse..

Tout réside dans la position du curseur de baisse du coût du travail, c'est vraiment compliqué ! Pas assez ,c'est pas bon pour les entreprises, trop c'est pas bon pour le pouvoir d'achat des ménages

  • D'un côté, si la plupart des économies réalisées sur le coût du travail va dans les poches des actionnaires, cela ne profitera pas assez à l'économie réelle.
  • Le paradoxe est qu'en baissant les salaires, les entreprises françaises peuvent se retrouver pénalisées par une baisse de la consommation interne, les ménages favorisant les produits lowcost fabriqués en Asie ! 

La génération née pendant la dernière guerre mondiale nous a donné une protection professionnelle élaborée, une des meilleures au monde, mais aujourd'hui, on a plus les moyens de se la payer sans devoir compenser par l'endettement de l'Etat et ainsi laisser une ardoise devenue insupportable aux jeunes générations...

Il aurait fallu plus d'innovation technologique ces quinze dernières années pour créer plus d'emplois qualifiés et donc maintenir notre confort social...

On a mal passé le cap de l'an 2000...

Contenu :

Mobilité et adaptabilité de la main d'oeuvre feront parties des clés du succès de la lutte contre le chômage et malheureusement cette évolution se fera au détriment de la sécurité d'emploi, il s'agit de compenser en donnant plus d'agilité aux salariés...

Plus de compétitivité pour les entreprises passe par une mobilité et une formation professionnelle renforcées des salariés, c'est faciliter les embauches et les licenciements pour gagner en flexibilité, ainsi les entreprises auront moins peur d'embaucher !

Développer et entretenir l'agilité professionnelle des salariés

  • L'agilité peut se résumer en quelques clés : 
    • Adaptabilité; lecture de l'envronnement; maitrise de ses capacités; entretien de son agilité; savoir faire des choix avec une tolérance à l'échec; entretenir son réseautage... 
  • Ainsi le changement sur le plan professionnel fera moins peur d'où un accroissement des projets professionnels dynamisant le marché du travail.

Un nouveau contrat de travail unique et allégé (CDU) remplacerait tous les autres :

  • Un seul contrat de travail pour tous, le CDU (Contrat de travail unifié): on remplace le CDI, le CDD par un contrat unique , cela permettra de simplifier le code du travail et d'avoir la même précarité pour tous , ainsi plus de discrimination lié au type de contrat lors de recherche de prêt ou de location...
  • Démarrer la simplification du code du travail : pour favoriser la gestion de l''emploi au sein des entreprises.
  • Toute durée inférieure à un mois doit passer par un intermédiaire : cet intermédiaire, une société de travail temporaire par exemple pourra mieux aider les salariés dans cette extrême précarité.
  • Préserver le capital santé des salariés : Les heures supplémentaires extrêmement limitées : la souplesse du CDU permet d'embaucher et de débaucher plus facilement, le temps de travail ne doit pas dépasser les 40h/semaine sauf exception.
  • Plusieurs employeurs simultanés seront envisageables : pour un salarié, on ne pourra plus le limiter à un seul employeur.
  • Suppression des indemnités liées à l'ancienneté lors d'un licenciement : Cela évitera de s'encrouter pendant plusieurs années au même poste en laissant passer des opportunités.
  • Plus de transparence par l'affichage de grilles de salaires dans les entreprises et au niveau de leur site WEB : l'argent deviendra moins tabou et cela facilitera la mobilité si l'herbe est légèrement plus verte à côté...

La formation professionnelle devra s'adapter à cette nouvelle flexibilité du travail

  • Un bilan de suivi de carrière (un bilan de compétences et d'agilité) obligatoire tous les cinq ans : ce bilan  permettrait à chacun de se remettre en cause et éventuellement de préparer un projet professionnel, il mesurera également l'impact de la productivité sur la santé psychologique.
  • Au moins une semaine de formation par an obligatoire !
  • Mais le salarié verra une partie de ses journées de formation sans solde  pour lui faire prendre conscience de l'importance de ces journées. 
  • Un seul organisme gérant la formation professionnelle partout en France ( collecte des fonds et agrégation des centres de formation), ses antennes locales liées aux bassins d'activité permettront de diminuer les frais de gestion et d'éviter les éventuels conflits d'intérêts.
  • Un coup de pouce du financement par la BCE dans tous les pays de la zone euro sur cinq ans : dans le cadre du plan de relance européen (plan PARE), la formation professionnelle est considérée comme un investissement à moyen et à long terme.

Un rôle des syndicats adapté au nouvel enjeu de la flexibilité

  • Revue trimestrielle des conditions de travail et des grilles de salaires entre les partenaires sociaux au niveau national: les salaires pourront être revus à la hausse comme à la baisse selon une fourchette négociée, les primes restant libres...
  • Adhésion obligatoire du salarié à un syndicat : cette réforme qui dégrade la sécurité d'emploi nécessite que le salarié soit épaulé par un syndicat en cas de difficultés personnelles et pour dénoncer plus facilement tout abus de la part de patrons indélicats... Remarque : la cotisation ne pourra dépasser un euro par mois.

La refondation des 35 heures: le passage aux 40 heures sans augmentation de salaire (une baisse mécanique du côut du travail)

Un retour aux 40 heures hebdo sans augmentation de salaire avec 6 jours de "jour dispo" par an : (soit 1/2 jour par mois ) réservés à la formation professionnelle ou aux démarches diverses ...

C'est donc une baisse mécanique du coût du travail, plutôt que de baisser les salaires qui amputerait directement le pouvoir d'achat 

Une méteo des métiers avec fixation d'un salaire moyen et une souplesse accrue des salaires

  • Les partenaires sociaux ont un grand rôle à jouer dans la fixation de ce salaire moyen, mais le salaire devrait être beaucoup plus souple en tenant compte des aléas économiques et de la santé de l'entreprise, sa fourchette d'évolution dépendrait du chiffre d'affaire et de la rentabilité.
  • Le salaire fixe n'existerait plus, cela donnera plus de souplesse aux entreprises en difficulté, par contre ce dispositif nécessiterait plus de transparence de la part des salariés et des entreprises, le tabou du salaire doit disparaitre ! 

Quelques observations :

Une moindre consommation des salariés le temps de digérer cette réforme ? : Cette réforme aura un impact sur la consommation , la perte de la sécurité du CDI pourrait les pousser à épargner et donc à moins consommer... Difficile de juger leur proportion!

Les syndicats ne voudront facilement pas revenir sur la sécurité associée au Code du travail actuel : cette réforme ne passera pas comme une lettre à la poste...

  • Quelques grosses mobilisations des syndicats , la France va se paralyser de part l'ampleur des manifestations, il leur sera facile de mobiliser et de monter à quelques millions de manifestants dans les métropoles.

Plus de création d'emploi par une meilleure flexibilité du travail : cette souplesse pour les entreprises pourra les aider à mieux  ajuster leur effectifs ,elles gagneront forcement en compétitivité.

L'agilité et la formation professionnelle renforceront l'employabilité des salariés : une employabilité des salariés mieux préservée et synonyme de dynamisme favorisant l'apparition de projet professionnel.

Des syndicats plus puissants avec l'adhésion obligatoire des salariés: ils auront plus de moyens financiers avec un nombre d''adhérents en hausse.

Un bol d'oxygène pour les entreprises déjà en difficulté , elles vont pouvoir un peu souffler par la baisse de leur charges sociales.

  • Limiter les licenciements : le coût du travail étant moins cher, l'entreprise sera moins tentée de licencier pour garder ses salariés , elle pourra ainsi mieux rebondir quand la reprise viendra.

Pourquoi pas une baisse des prix dans certains cas !  Pour les entreprises les plus solides ou rentables , cette réforme pourrait les inciter à répercuter la baisse des charges sociales sur le prix de vente ou des prestations, les consommateurs s'y retrouveraient et acheteraient moins de produits asiatiques...

Faciliter l'exportation par des couts de production moindre, Les entreprises exportatrices seront plus compétitives à l'international car le cout du travail entre directement dans le cout de production , pas besoin d'artifice fiscal pour faire la même chose..

La qualité en baisse de notre protection sociale: logique , une baisse des recettes sociales entrainera automatique une baisse des dépenses, d'ou une baisse de la qualité de des prestations sociales.

Impact lourd sur le moral des Français et le sentiment d’inégalité va augmenter car les revenus du capital ne seront pas touchés par cette réforme , les non salariés aussi, c'est une injustice vis à vis des salariés...

Une course sans fin à la déflation sociale en suivant la logique du capitalisme financier

  • Si c’est simplement faire des économies pour faire des économies , toujours dans le cadre de la recherche sans fin de la compétitivité internationale ,la France régressera socialement par des salaires toujours plus tirés vers le bas...
  • Les autres pays réagiront à l'augmentation de la compétitivité de la France en baissant à leur ces charges, lla résistance de leur population devrait être plus faible, ils y arriveraient plus facilement., nous renvoyant la balle, c'est un cercle vicieux !!


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